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L'Europe et l'environnement

Premier constat

Entre 1991 et 2001 l’empreinte écologique de l’UE a augmenté de 5%. Cela signifie qu’elle consomme plus que sa part de ressources naturelles mondiales. Le mode de vie européen empêche donc l’amélioration de celui de vastes régions du monde

Deuxième constat

Si sur le papier et sur l’ensemble de sa réglementation environnementale l’Union peut être créditée de bonnes intentions, dans la réalité il en est autrement et les progrès attendus tant dans les domaines de la pollution atmosphérique que de la pollution chimique ou de la pollution des aliments ne sont pas à la hauteur des espérances, ils se heurtent à la résistance «naturelle» et spontanée des acteurs économiques confrontés à la rigueur de la compétition internationale. A cela s’ajoute les obligations de l’OMC qui ne tolèrent aucune entrave au libre-échange. L’article III-314 fait du libre échange un élément central du bien-être des peuples du monde entier.

Il en résulte que

dans le domaine des OGM la Commission a autorisé la mise sur le marché de 18 variétés d’OGM, 12 sont en cours d’examen. Contre l’opinion majoritaire des européens hostiles aux OGM à 70%.

Son intention visible est d’obtenir la levée du moratoire pour contrer l’administration américaine qui instruit une plainte devant l’OMC depuis 2003.

Dans le domaine des produits chimiques, le programme REACH qui est censé permettre la recherche, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, en ciblant les plus dangereuses, voit sa surface rétrécir comme peau de chagrin du fait des inconvénients d’imposer aux firmes européennes ce qu’en vertu des règles du libre échange on ne peut imposer aux firmes extra communautaires sans tomber sous le coup des juridictions de l’OMC. Les substances mutagènes, cancérigènes et reprotoxiques continueront à mettre en cause la santé publique au motif de la liberté du commerce.

Dans le domaine de la réduction de l’effet de serre l’Union est certes en pointe, mais la mise en place des réseaux transeuropéens de transports donne, au nom de l’abaissement des coûts de transport et au nom de la compétitivité de l’Union, la plus grande part au transport par route des marchandises d’un point à l’autre de l’Europe. Dans ce contexte, eu égard à la place grandissante dans la pollution de l’air et dans l’aggravation de l’effet de serre que prennent les poids lourds, on ne voit pas comment les objectifs de réduction seront atteints. Sachant par ailleurs que les gisements les plus rentables d’économies d’énergie sont déjà très largement exploités et que le plus dur reste à faire.

Dans le domaine de l’agriculture l’article III-227 lui assigne l’objectif d’accroître sa productivité, sans jamais faire la moindre allusion à la qualité des produits. Le principe de la préférence communautaire, à l’origine de la réussite de la PAC , est abandonné. Les paysans de l’Union sont donc, en vertu des accords de l’OMC, soumis aux contraintes d’un environnement concurrentiel, donc aux prix du marché mondial. Des pans entiers de notre patrimoine agricole sont voués à la disparition et des régions entières à la désertification ainsi qu’on peut le constater déjà dans certaines régions de notre pays. C’est une logique de destruction de notre souveraineté alimentaire. Ceci n’est pas sans dangers pour l’avenir. Le but étant d’obtenir des prix des denrées alimentaires aussi bas que possible pour faire marcher la société de consommation. Les secteurs qui s’en tireront ne le pourront qu’en intensifiant leur productivité, ce qui signifie plus de pollution des sols et des eaux, plus d’utilisation des pesticides dont nous sommes le deuxième consommateur mondial après les Etats Unis. Est-ce un hasard?

Francis Guerlin

 

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