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Discours de l'Union Locale CGT du Conflent

du 1er mai 2005

Le 1er mai n'est pas seulement une fête nationale, une fête européenne, c'est une fête du Travail qui célèbre sur toute la planète depuis 1890 la lutte de tous les peuples contre l'exploitation d'une poignée des maîtres de la Terre : j'ai nommé les très gros actionnaires. Hier on disait la lutte contre le capitalisme, aujourd'hui, on dit en langage politiquement correct la mondialisation. Il n'y a pourtant guère de différence dans la volonté farouche du grand patronat d'hier d'asservir les peuples et celle d'aujourd'hui de reprendre tout ce qui a été gagné, arraché par la lutte par nos anciens : un des symboles les plus emblématiques en France étant la Sécurité Sociale, imposée au sortir de la seconde guerre mondiale à un patronat beaucoup moins arrogant qu'aujourd'hui, car sortant de sa collaboration totale avec le régime nazi.

Depuis ce fameux et historique 1er mai 1890, la journée internationale de manifestation des travailleurs a toujours revêtu le même caractère de par le monde. Celui de la défense obstinée de la Paix, de la solidarité entre les peuples et de la lutte sans merci pour le progrès social au service de tous les citoyens de cette planète. Car la CGT n'est pas seulement pro-européenne , elle est d'abord et avant tout internationaliste.

Aujourd'hui, malheureusement, ces exigences de paix et de solidarité sont toujours d'actualité. En ce 1er mai, il faut avoir une pensée pour tous les peuples opprimés : pour le peuple palestinien, pour les peuples africains, pour les peuples d'Amérique du Sud, pour le peuple chinois, pour le peuple irakien En Irak où les attentats se multiplient jour après jour prouvant, s'il en était besoin, que la solution guerrière de Bush pour augmenter les dividendes familiaux via ses trusts d'armement et pétroliers était bien un crime crapuleux contre l'Humanité. Aujourd'hui encore, le peuple irakien connaît toujours la terreur, l'horreur, la torture, le bafouement des Lois Internationales, le bafouement des Droits de l'Homme, et tout cela sous couvert de démocratie, nouveau paravent de fumée de l'ultralibéralisme.

Cet exemple illustre parfaitement le mépris des êtres humains qu'incarnent les grands trusts. Sans avoir recours à ce type de conflit armé, il est néanmoins une autre guerre sans merci qu'incarne l'ultralibéralisme : la guerre économique qui se développent sur fond de mondialisation capitaliste, toujours imposée par les Etats-Unis à travers l'Organisation Mondiale du Commerce, le Fond Monétaire internationale et la banque mondiale. Avec leur triste cortège de violences sociales, de délocalisations, de faillites (l'Argentine pillée et ruinée par les grands groupes américains et européens), partout dans le monde la même mise en concurrence des salariés, le développement de la grande précarité, la pauvreté, la misère, la corruption, une économie mondiale dont un tiers des revenus provient de l'argent sale, celui de la drogue, de la prostitution, du terrorisme, tout cela avec des médias qui nous prennent ouvertement pour des débiles mentaux.

En France, cette politique mondialisée du tout libéralisme qui plaît tant à notre MEDEF et à son gouvernement, ont conduit à la catastrophe économique et sociale que chacun peut subir ou constater. Le chômage atteint des sommets, les prix s'envolent, les salaires stagnent, la fiscalité exonère toujours plus les gros revenus et fait l'aumône de la prime pour l'emploi pour les petits salaires, qui sert en fait de prétexte aux employeurs pour ne pas les augmenter. La violence et le racisme aussi s'accroissent dangereusement. Le salariat dans son ensemble évolue sous des formes de plus en plus dégradées pour lesquelles les droits minimas ne sont même plus garantis. Le Service Public, comme partout en Europe jusqu'ici dans nos milieux ruraux, est clairement dans la ligne de mire, comme nous l'avons affirmé nombreux le 16 avril dernier sur le rond-point de Prades en rappelant que les bureaux de poste fermaient les uns après les autres, que les écoles mourraient dans nos villages, que des trésoreries disparaissaient en Conflent comme ailleurs et que l'ensemble des Services Publics (hôpital, EDF, la ligne SNCF Perpignan/villefranche, le centre des Impôts de Prades, la DDE) disparaissent et ce, quoi que puissent en dire les Chirac, les Jospin, ceux qui à force d'être aveugles à la réalité sociale difficile de la vie dans les villes et les villages de France, avaient conduit de par leur politique extrêmement commune à faire monter l'extrême droite

Face à cette situation devenue insupportable, très amplifiée par ce gouvernement Raffarin avec l'insupportable conflit des retraites, ou une contre réforme anti sociale fut imposée sans prendre en compte l'opposition syndicale totale partagée par une immense majorité de français. Depuis ce coup d'Etat anti-démocratique, on a pu croire un instant à la fin du mouvement syndical. Mais depuis le début de l'année, les initiatives syndicales prises le plus souvent dans l'unité, ont regagné en intensité et la CGT peut vraiment s'en féliciter. Le 10 mars plus d'un million de participants, + de 10 000 à perpignan, des milliers d'arrêts de travail exigeant du gouvernement et du MEDEF une réponse rapide aux exigences sociales et notamment aux blocages des salaires. Mais il ne faut pas en rester là ! La pression s'est relâchée et le moins qu'on puisse dire c'est que les avancées sont plus que minimes !

Une échéance se pointe à l'horizon, le 16 mai, lundi de Pentecôte. Le gouvernement a pris la décision unilatérale d'imposer une journée de travail gratuite aux SEULS salariés. Les premiers bénéficiaires en seront évidemment les employeurs et le budget de l'Etat. Ce n'est pas de la solidarité, c'est de l'arnaque ! Il n'y a vraiment que les salariés qui paieront !!!
A l'heure du scandale du PDG de Carrefour qui s'est généreusement octroyé 38,5 millions d'euros comme prime de départ alors que les salariés étaient et sont en grève pour une augmentation de salaires de 50 ¤ bruts à l'heure des 600m2 carrés pour un ministre des finances, à l'heure d'un nouveau ministre des finances qui a empoché deux millions et demi d'euros pour changer de poste, ce gouvernement ose nous parler de solidarité ?

Il faut bien comprendre que sous couvert de solidarité, ce que le gouvernement a entrepris, c'est de franchir une première étape qui consiste en fait à sortit les personnes âgées du régime normal de la Sécurité Sociale et de casser ainsi le véritable et essentiel lien de solidarité entre les générations.

C'est tout simplement scandaleux. Cela dépasse la provocation du seul jour férié ! Les mêmes qui ont la lourde responsabilité de fermer des lits d'hôpitaux et de diminuer l'emploi public sont politiquement responsables des malheureuses personnes âgées mortes de la canicule par faute de moyens et de personnels. Et l'UMP et le Parti Socialiste en sont tout aussi responsables. Ne développons pas sur Mattei, l'ancien ministre de la santé à l'initiative du plan sur le démantèlement programmée de la Sécurité Sociale. Juste pour info, il dirige aujourd'hui la Croix Rouge : tout un symbole : il faut passer de la Sécurité Sociale à l'assistanat, à la charité. Voilà le fameux modèle social européen !

Nous voulons obtenir du gouvernement qu'il renonce à cette mesure qui est une véritable provocation ! Déjà, des accords d'entreprises ont permis aux salariés d'imposer que leurs employeurs versent la contribution de solidarité sans contrepartie sur leur temps de travail ou sur leur rémunération. Il est à noter et à saluer que certains employeurs, d'eux-mêmes ont parfaitement compris que ce gouvernement prenait vraiment les salariés pour des moins que rien dans ce pays et ils ont spontanément octroyé cette journée à leurs employés sans aucune contrepartie.
La CGT propose de faire du lundi de Pentecôte une journée de grève avec arrêts de travail pour rappeler à notre bon souvenir ce gouvernement tellement dédaigneux de la France d'en bas. Revendiquez pour les salaires, l'emploi, la réduction du temps de travail avec des emplois et la protection sociale pour tous. MONTRONS LEUR CE QU'EST LA SOLIDARITE. Car la Solidarité n'appartient vraiment pas à ce gouvernement Raffarin, pas plus qu'à un certain baron

Autre sujet en ce 1er mai, fête organisée par les syndicats partout dans le monde, il est indispensable de mettre l'accent sur une spécificité départementale dont nous nous passerions volontiers. Il s'agit d'une situation particulière de criminalisation de l'action syndicale que nous SUBISSONS INTENSIVEMENT dans les Pyrénées-Orientales. Les patrons n'hésitent pas à nous traduire de plus en plus devant des tribunaux répressifs

Après nos 4 camarades de la DDE qui avaient été, on s'en souvient, relaxés par le Tribunal Correctionnel de Perpignan, deux AUTRES dirigeants de la CGT, Bernard Félieu et Georges Athiel, notre ancien secrétaire général viennent d'être condamnés par ce même Tribunal pour avoir défendu les salariés de Delta Diffusion dans leur juste lutte pour la reconnaissance du droit à un salaire légal. Je vous rappelle que Delta Diffusion avait été condamné !

C'est la première fois que des militants obtiennent satisfaction sur leurs revendications puis sont sanctionnés pour fait de syndicalisme !

Georges Athiel est encore une nouvelle fois traîné devant les tribunaux sur plainte de l'huissier dépêché par la Direction des Autoroutes du Sud de la France au cours de la manifestation qui avait servi de prétexte au licenciement de 4 autres encore de nos camarades : Etienne Martinville - Gérard Gauby - Jean-Claude Guy - et Philippe Galano.

Le procès de Georges Athiel se déroulera le mercredi 25 mai à 14h00.
C'est important, il faut être nombreux !!!

En démocratie, de tels procédés destinés en fait à freiner, à bâillonner, à étouffer l'action syndicale sont inqualifiables. Quand on pense au comportement servile et veule des médias, on peut légitimement s'interroger dans quel type de pays nous sommes aujourd'hui arrivés. Avec toutes les avancées européennes remises en cause et notamment la Sécurité Sociale, il faut retrouver des syndicats plus forts, il faut se syndiquer !!! Et choisir de préférence la dernière Confédération encore assez puissante et capable de mobiliser : la CGT.

Car notre vieille Europe est frappée de plein fouet par ces fléaux. Dans ce contexte de déliquescence, de nette régression sociale, le projet de traité Constitutionnel pour l'Europe, est en plein débat. Débat évidemment anti-démocratique avec cette presse à plat ventre.

Cette « constitution » est un sujet très important qui engage l'avenir de nos enfants.

Notre finalité de syndicat pour le progrès social, a amené la CGT à se prononcer contre la construction Européenne actuelle qui multiplie chaque année les catastrophes sociales et une remise en cause de toutes les grandes avancées à travers tous les traités ultra-libéraux, quoi qu'en disent Chirac et Jospin, les deux mêmes qui ont signé à Barcelone la mise à mort des régimes de retraites par répartition et qui étaient les vaillants défenseurs du traité de Nice qu'ils agitent aujourd'hui comme un épouvantail. Il faut garder en tête que c'est à la suite d'une directive européenne que tous les états européens se sont attaqués aux régimes de retraite par répartition la commission européenne, dans le même temps faisait voter l'autorisation des fonds de pensions américains à s'installer en Europe. Idem pour les régimes de sécurité sociale. La multinationale AXA assurance a été l'un des principaux groupes à faire pression pour mettre la main sur les milliards d'euros que représentent notre argent d'assuré social. Aujourd'hui, tous ces traités uniquement destinés à satisfaire les appétits des grands groupes industriels et financiers au détriment des peuples européens, tous ces traités sont compilés dans la troisième partie du traité constitutionnel. Aucun minima social, aucun frein notamment par une harmonisation fiscale, aux délocalisations, de simples traités qu'ils étaient, ils deviendront la table de la loi pour des décennies si le OUI venait à l'emporter, car il faudrait l'accord unanime de tous les pays européens pour la réviser, ce qui à 25 est bien évidemment impossible.

Ce type de société s'imposerait à nous pour des décennies et, là, l'Europe sociale serait bloquée pour longtemps.

Pour en revenir aux pressions des puissances financières sur les politiques européennes, il faut quand même bien savoir comment fonctionne l'Europe ! Si elle est composée d'un parlement qui est certes élu, elle est principalement dirigée par une commission qui n'a, elle, aucune légitimité, aucun mandat ! Mais, soit par résignation, soit par choix politique, le parlement s'est complètement effacé devant cette commission européenne constituée de personnalités non élues !

C'est cette fameuse commission (Pour la France : M Michel Barnier de l'UMP et M Pascal Lamy du parti socialiste) qui propose et impose tous les textes et les directives européennes. Cette commission n'ayant aucun mandat démocratique, fait mine pour se donner un vernis de concertation de consulter la société civile avant de prendre une initiative : elle consulte des ONG ! Pour l'européen lambda, une ONG, c'est une association humanitaire. Pour la commission européenne, une ONG c'est avant tout des groupes financiers qui se regroupent pour faire passer leurs priorités : je ne nommerai qu'une ONG européenne : elle se prénomme l'Ert et est composée des 45 firmes les plus importantes ayant leur sièges sociales en Europe (on y trouve Total, St Gobain, Suez, Vivendi, Siemens, Nestlé). Cette ONG patronale, et bien d'autres, ont évidemment des relations extrêmement privilégiées avec cette commission complètement anti-démocratique.

La constitution ne diminue en rien le pouvoir exorbitant de cette commission européenne ouvertement au service de ces grands groupes de pression industriels et financiers qui dirigent de fait aujourd'hui l'Europe, revenant peu à peu sur toutes les avancées sociales conquises par les générations précédentes.

Ce projet constitutionnel doit donc être clairement rejeté.

Ce traité constitutionnel reprend ni plus ni moins les directives de l'OMC, organisation mondial du commerce (piloté par les Etats-Unis), qu'on voudrait nous appliquer pour empêcher l'Europe d'inventer une alternative politique sociale digne de ce nom à la mondialisation inhumaine que veulent imposer les trusts, qui ne sont plus de fait ni européens, ni américains. Les mêmes recettes sont déjà imposées au peuple américain : délocalisation, précarité, aucun système de protection sociale, privatisation de l'enseignement, fin des Services Publics, disparition de la laïcité et retour sur le devant de la scène politique des religions pour mieux asservir les esprits faibles. Ces recettes de l'ultralibéralisme ne bénéficient à aucun peuple, fut-il américain. Elles ne bénéficient qu'à une poignée d'individus, qu'à la MAFIA, qu'aux populismes et intégrismes les plus divers, au terrorisme qu'on prétend combattre. Elles sont une insulte à la démocratie. Elles sont le terreau de l'extrême droite.
Ce projet constitutionnel doit être balayé.

Pour ceux qui douteraient encore, parmi les signataires de ce traité constitutionnel on retrouve le Luxembourg, blanchisseur officiel de l'argent sale en Europe, on peut plus qu'avoir quelques inquiétudes. Ici l'Andorre n'est pas loin et nous savons tous que rien n'est fait pour empêcher le blanchiment d'argent sale, bien au contraire et c'est un secret de polichinelle !

Pour information, le baron Seillière, dont on connaît tous l'extrême fibre sociale est évidemment favorable à cette constitution. Il y est tellement favorable qu'il abandonnera prochainement son poste de représentant du MEDEF pour devenir le représentant du patronat européen ! C'est dire ! C'est vrai qu'on ne l'aperçoit guère beaucoup dans les médias, il pourrait vraiment ouvrir les yeux à beaucoup de gens qui pensent voter OUI !!!

Enfin, pour ceux qui s'inquiètent que Lepen appelle à voter NON, je voulais les rassurer en les informant que Bruno Mégret appelait à voter OUI.

La CGT au niveau du Conflent appellent donc sans réserve tous les salariés, tous les retraités, tous les chômeurs,toutes les personnes vivant dans la précarité, toutes les personnes soucieuses d'une Europe enfin sociale à crier très fort NON à cette Europe inhumaine qu'on veut officialiser !!! Et surtout aucune abstention !

La France Universelle a de nouveau un rendez vous avec l'histoire. Il ne faut surtout pas le manquer.

Pour finir, la solidarité, c'est bien le message fort d'un premier mai digne de ce nom. C'est pourquoi, pour résumer, je vous rappelle aujourd'hui le 13 mai à 20 heures à Prades le rassemblement à l'appel des 200, puis le 16 mai, jour de pentecôte ou le mouvement social doit rappeler à ce gouvernement ses légitimes revendications. Ensuite Le 25 mai, tous à Perpignan pour lutter contre l'inadmissible répression syndicale ! Et le 29 mai, votez NON, votez contre l'Europe de la seule finance. Voter NON, c'est voter pour exiger une Europe enfin sociale qui ne tombera pas du ciel !

Solidarité, luttes sociales, défense des droits des salariés, des retraités et des exclus, paix dans le monde, vous le voyez, les messages traditionnels du premier mai sont plus que jamais d'actualité. Nous ne pouvons oublier de condamner fortement l'endoctrinement, la propagande de ces médias indignes de soi-disant « démocraties »

Merci de faire vivre les valeurs de la CGT, et de défendre nos revendications mondiales, européennes, nationales, régionales, départementales et locales.

Vive le 1er mai,
Vive la solidarité internationale, vive l'Europe des Peuples
Et Vive la CGT !!!

 

Pour l'Europe,
NON au traité constitutionnel
 
Collectif : pour une autre Europe. Non au traité constitutionnel !
Appel des 200 Pyrénées-Orientales

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