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Article
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Contenu
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Commentaire
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I-3.2 |
L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. |
Dès le début de la constitution, le libéralisme économique est érigé en dogme. Qui peut "fausser" cette fameuse libre concurrence ? Les États et leurs services publics ou leurs droits sociaux, bien sûr, la partie III y revient longuement. On précisera, pour ceux qui veulent croire ou nous faire croire que le nouveau traité est meilleur que les précédents, que le traité de Rome, dans sa version consolidée, se borne à parler de "concurrence libre" (article 4). |
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I-3.3 |
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Plein de bons sentiments, mais l'économie passe avant le reste. La croissance (équilibrée certes) est affirmée comme dogme, l'économie de marché aussi (mais sociale, ce qui ne veut strictement rien dire). Elle se doit d'être hautement compétitive mais de tendre au plein emploi : mensonge, puisque chacun sait que la "haute compétitivité" s'accompagne de plans de restructuration aggravant le chômage. |
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I-4.1 |
La libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la liberté d'établissement, sont garanties par l'Union et à l'intérieur de celle-ci, conformément à la Constitution. |
L'article I-4 est consacré aux libertés fondamentales. On constate que les personnes y sont mises sur le même rang que les marchandises et les capitaux. |
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I-5 |
Relations entre l'Union et les États membres 1. L'Union respecte l'égalité des États membres devant la Constitution ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, y compris en ce qui concerne l'autonomie locale et régionale. Elle respecte les fonctions essentielles de l'État, notamment celles qui ont pour objet d'assurer son intégrité territoriale, de maintenir l'ordre public et de sauvegarder la sécurité nationale.
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Le rôle des États est clairement défini : il se réduit aux fonctions dites "régaliennes", et en particulier aux fonctions répressives. Pour le reste, il faut s'abstenir de "mettre en péril" les objectifs de l'Union, par exemple la "concurrence libre et non faussée". |
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I-6 |
Le droit de l'Union La Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des États membres. |
Logique dans sa conception, cet article achève le verrouillage évoqué dans les articles précédents : en matière économique et sociale, le droit des États doit se soumettre à celui de l'Union. |
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I-9 |
Droits fondamentaux
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On aurait préféré une adhésion à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Ceci dit, que se passe-t-il si les "compétences de l'Union" viennent à s'opposer aux droits de l'Homme ? Le texte laisse clairement entendre que les "compétences de l'Union" sont prioritaires. De toute façon, les droits fondamentaux ne sont considérés que comme des "principes généraux". |
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I-12.1-3 |
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L'article I-13 ci-dessous cite les domaines où l'Union a une compétence exclusive. Dans les autres cas, les États ne peuvent légiférer que sur des problèmes auxquels l'Union ne s'intéresse pas. Or l'Union s'intéresse beaucoup aux "politiques économiques et de l'emploi". Une fois de plus, la priorité est donnée au libéralisme, que chaque État se doit de mettre en oeuvre en harmonie avec les autres. |
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I-13.1 |
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Si on excepte le domaine de la mer, c'est en matière financière ou commerciale que l'Union a une compétence exclusive. À nouveau, la concurrence et le marché reviennent comme des leitmotive. |
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I-26.2 |
Un acte législatif de l'Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où la Constitution en dispose autrement. Les autres actes sont adoptés sur proposition de la Commission lorsque la Constitution le prévoit. |
Les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne, dont les membres sont désignés et non élus, sont confirmés par cet article et par d'autres. |
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I-30.2-3 |
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Comme dans les traités précédents, la Banque centrale européenne (BCE) échappe à tout contrôle. Sa mission prioritaire est d'assurer la stabilité des prix. Ce système économique dans lequel les banques centrales font tout pour empêcher l'inflation et l'interventionnisme des États s'appelle le monétarisme. Il est une des caractéristiques de l'ultralibéralisme par opposition au keynésianisme. |
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I-41.2 |
... La politique de l'Union au sens du présent article n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre. |
Article à méditer pour ceux qui pensent que l'Union pourrait se démarquer militairement des États-Unis. |
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I-41.3 |
... Les États membres s'engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires. |
Le désarmement est en marche ! |
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I-41.7 |
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Sachant que 22 des 25 pays membres de l'Union européenne sont également membres de l'OTAN, cet article, ajouté à l'article I-41.2, confirme que l'indépendance militaire de l'Union est un leurre, au mieux une vue de l'esprit. |
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I-47.4 |
Des citoyens de l'Union, au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'États membres, peuvent prendre l'initiative d'inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu'un acte juridique de l'Union est nécessaire aux fins de l'application de la Constitution. La loi européenne arrête les dispositions relatives aux procédures et conditions requises pour la présentation d'une telle initiative citoyenne, y compris le nombre minimum d'États membres dont les citoyens qui la présentent doivent provenir. |
Le droit de pétition, censé prouver que la démocratie participative s'étend à tous les citoyens, trouve ici ses limites : on "invite" la Commission à se pencher sur le problème soulevé par un million de citoyens européens, mais celle-ci n'est nullement obligée de tenir compte de la proposition des pétitionnaires. |
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I-52 |
Statut des églises et des organisations non confessionnelles
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On cherchera en vain le mot "laïcité" dans le traité constitutionnel. Par contre, ce dialogue "ouvert, transparent et régulier" avec les Églises et les "organisations philosophiques" ne peut qu'inquiéter les partisans de la laïcité. |
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