Compte-rendu
du collectif national des 200
Compte-rendu
du Collectif d’animation du 7 décembre 2004
Situation générale
Le débat a porté la situation découlant
de la prise de position du PS, sur le contenu de notre
campagne et les initiatives à prendre.
Une phase de la campagne se termine dominée par le
débat interne à ce parti qui a
écrasé les autres expressions. Une nouvelle
phase va s’ouvrir avec en ligne de mire le
référendum dans le pays (le plus vraisemblable
est début juin malgré quelques pressions pour
qu’il soit plus tôt).
La prise de position du PS est le résultat du vote
massif des adhérents, en particulier dans les grosses
fédérations qui ont des
« réserves », alors que ce sont
surtout les militants qui ont participé aux
débats des sections au sein desquelles se
dégageait plutôt une tonalité critique.
Les adhérents ont été plus sensibles
à la dramatisation et aux pressions
médiatiques venues de toute part que les militants
(éclatement du PS, échec programmé en
2007, crise européenne, face à Bush, etc).
Toutefois, que dans un parti qui a depuis l’origine
été co-gérant de la construction
européenne (avec les chrétiens
démocrates) et qui n’avait jamais
critiqué sérieusement le cours actuel, il se
trouve 42 % des adhérents pour se positionner sur le
NON après un débat de fond dans un contexte de
dramatisation exacerbée, n’est pas
négligeable. La campagne du PS pour le OUI sera
affaiblie par la non-implication de nombreux militants
favorables au NON malgré les pressions de la
direction exigeant le respect du « centralisme
démocratique ». Les 42 % de NON socialistes
flotteront aussi sur la campagne
référendaire.
Le vote du PS induit une certaine dynamique immédiate
en faveur du oui que les médias tentent d’exploiter.
Il peut peser sur d’autres forces politiques,
syndicales ou associatives encore en débat. Mais,
ceci étant, la Confédération Paysanne a
pris position pour le NON ; ATTAC et le G10 devraient
le faire prochainement ; et dans la CGT et la FSU les
prises de positions de structures fédérales ou
départementales se développent.
Il faut aussi prendre en compte le fait que la campagne de
masse n’a pas commencé. Le gouvernement et la
droite se sont tus pendant le débat du PS. Ils se
félicitent bruyamment du résultat. Quand ils
entreront en campagne pour le OUI, la tonalité de la
campagne va changer.
Les jeux ne sont pas faits. Le NON peut gagner ; pour
cela il faut une grosse majorité de non à
gauche.
Le NON peut gagner s’il s’ancre dans les
mobilisations sociales et est porteur des valeurs de gauche,
si on parvient à convaincre les couches populaires
qui sont sans doute plutôt contre mais risquent de ne
pas aller voter. On ne les convaincra que si on fait le lien
entre leur vécu social (fermeture de bureau de poste,
ouverture à la concurrence de services publics,
délocalisation et dumping social, etc) et les
questions posées par la
« constitution ». Cela nécessite
donc une campagne « de masse » avec des
arguments et du matériel simple.
Le NON peut gagner s’il accroche la jeunesse, qui a,
à priori, un préjugé européen
favorable et n’a pas encore d’expérience
sociale critique. Il faut réfléchir à
la meilleure approche. Peut-être en s’appuyant
sur les thèmes qui ont mobilisé la jeunesse
ces derniers temps : la guerre (et le lien avec les
dispositions du Traité sur les budgets militaires et
l’OTAN), Le Pen à la présidentielle (ses
homologues Haider, Vlams Block, nationaux-populistes partout
en Europe nourris par les politiques antisociales, etc), les
mobilisation altermondialistes (une autre Europe est
possible), les luttes anti-galères /
précarité.
La première dynamique de notre campagne est
encourageante. Là où ont eu lieu des
réunions-débats (des collectifs ou des
partis), il y a plus de monde que lors des élections
européennes. Plus de 70 collectifs se sont
constitués depuis le 19 octobre (conférence de
presse). Depuis une quinzaine de jours on sent très
nettement une montée en puissance des initiatives de
lancement de collectifs. D’autres suivront
début janvier. Dans de nombreuses villes l’appel
des 200 est signé massivement localement pour des
conférences de presse de lancement à la
mi-janvier. Des militants socialistes participent depuis le
début et d’autres arrivent pour s’impliquer.
Notre positionnement doit éviter de nous laisser
enfermer dans une opposition caricaturale entre une gauche
« européenne et moderne » (les
partisans du OUI) et une gauche
« archaïque » (NOUS). Il nous faut
aussi déjouer le discours de ceux qui essaient de
présenter notre appel comme l’expression
marginale de la gauche de la gauche. Cela nécessite
de rassembler très largement au sein des collectifs
locaux en impliquant les
« personnalités » locales,
syndicales, associatives, les citoyens, bien au-delà
des sensibilités strictement politiques ; et de
prendre des initiatives qui aillent au-delà du
contour de l’appel. Ce sont des conditions pour un NON
majoritaire.
Il nous faut ancrer les collectifs locaux sur la base d’un
large rassemblement de personnalités et militants et,
quand leur dynamique aura monté en puissance, faire
apparaître la dynamique unitaire des forces parties
prenantes, avec là aussi le souci de rassemblement le
plus large, sous formes de meeting régionaux
(à décider à ce niveau) vers mars/avril
(comme convergence des comités locaux et des
organisations, et amplificateur pour la
« dernière ligne droite »)
A intégrer dans notre calendrier :
La dimension européenne de notre
campagne : appel des femmes, appel des syndicalistes,
pétition lancée en Belgique, réunion de
l’Assemblée Européenne du FSE des 18 et
19 décembre à Paris, occasion de débats
et de prises de contact.
Le sommet de Bruxelles sur le bilan de la
stratégie de Lisbonne sur l’emploi le 19 mars
avec (sauf changement) appel à manifestation de la
CES, du FSE et du Forum Social de Belgique.
La marche contre la casse sociale et la
précarité en Europe qui arrive en Mai à
Strasbourg.
Décisions :
Poursuivre et amplifier la création de
comités locaux les plus larges.
Engager au plus tôt la campagne de masse
tournée vers les électeurs. Les argumentaires
détaillés et sophistiqués
étaient utiles pour l’argumentation et la
conviction militante et le débat avec les militants
hésitants ou les contradicteurs. Il faut maintenant
développer un matériel et des initiatives
simples et parlantes pour les quartiers et les entreprises.
Nous y travaillons au niveau national, mais les
matériels réalisés localement sont les
bienvenus.
Une affiche nationale à 30 000
exemplaires, format A1 ou A2, avec un texte très
simple et épuré et un
« style » qui tranche avec les affiches
des partis. Des graphistes et créatifs professionnels
sont contactés. Objectif sortie en Janvier.
Déclinable éventuellement en autocollant en
fonction du coût.
Développer les appels
« sectoriels » pour les rendre public
fin janvier lors d’une conférence de presse par
exemple, comme élément de relance de notre
campagne : 200 artistes, 200 juristes, 200 sociologues,
200 économistes, 200 philosophes, 200
médecins, 200 salariés d’entreprises
délocalisées, 200 chercheurs, 200 élus
locaux confrontés à la fermeture des services
publics par exemple, 200 salariés de secteurs (en
cours sur Rouen par exemple concernant les
télécoms, les postaux, les cheminots...), 200
syndicalistes, 200 sportifs, etc. Dès que nous aurons
des adresses mail de centralisation pour chaque
catégorie, nous les transmettrons.
Une initiative parisienne
« Jeunes » originale s’inspirant d’initiatives
« décalées »
récentes (à réfléchir aussi
localement).
Faire vivre le site national
www.appeldes200.net avec des tribunes, argumentaires,
canevas de tracts, etc. Nous avons absolument besoin de
compte-rendus d’initiatives, réflexions et
propositions des collectifs locaux pour qu’il y ait un
échange inter-actif et une dynamisation
réciproque.
Proposer des Tribunes Libres à la presse
nationale et locale, en profitant du
« creux » du 15 décembre au 15
janvier, pour essayer de desserrer la tenaille de la censure
qui ne nous a pas épargnés jusqu’ici.
Discuter la perspective de meetings
régionaux, à décider à ce
niveau, vers mars-avril, prolongeant la campagne des
collectifs locaux, faisant apparaître la convergence
unitaire des forces engagées, matérialisant la
dynamique de large rassemblement que nous voulons faire
apparaître, lançant la dernière ligne
droite de la bataille.
Un appel européen de « grands
noms » est envisagée (politiques, artistes,
écrivains, intellectuels, syndicalistes ou
associatifs, etc) : dix à quinze par pays.
Une réunion nationale de
représentants des collectifs a été
évoquée. Il faudra en redébattre
à la lumière du déroulement de la
campagne et de ses nécessités.
MAINTENANT, LA PRIORITE DES PRIORITE EST D’ETRE EN
SITUATION D’ENGAGER LA CAMPAGNE VERS LES ELECTEURS DES
LE MOIS DE JANVIER. ENSUITE, IL NE RESTERA PLUS QUE 5 MOIS
POUR GAGNER.
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